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Journée d'étude - " Marginalité(s) de Jean-Édouard du Monin. Une figure interculturelle au crépuscule de la Renaissance", Université Paris Nanterre

  • 8 sept. 2025
  • 3 min de lecture

Né à Gy dans le Comté de Bourgogne en 1557 ou 1559, et mort assassiné à Paris en 1586, Jean Édouard Du Monin est un poète, dramaturge et traducteur qui, dès son époque, s’est révélé tout  à fait clivant —aussi n’est-ce peut-être pas un hasard s’il parvient, plus de quatre cents ans après  sa mort, à susciter encore l’intérêt. Initié dès son plus jeune âge aux poètes latins et grecs par son  maître d’école, Aizot (qui lui-même avait pris la relève d’un père aussi sévère que cultivé, Claude  du Monin), le jeune homme développe une écriture reconnaissable par son emphase, son  érudition débordante et son caractère tortueux. 



Aussi jeune qu’ambitieux, Du Monin s’attire sans tarder les foudres de ses contemporains, tels  Agrippa D’Aubigné qui, dans les Aventures du Baron de Faeneste, le raille à travers la périphrase  de « poète des chevaux légers [1] ». Alors qu’il est pourtant mort depuis plus de vingt ans, Pierre  de Deimier l’épingle à son tour dans son L’Academie de l’art poëtique [2]. Ces derniers lui  reprochent essentiellement son pédantisme et sa verve facile, caractéristiques qui font à leurs  yeux de Du Monin le rejeton d’un autre temps. 

L’œuvre du poète controversé, restée longtemps dans l’ombre par conséquent, n’en est pas  moins aussi vaste que diverse —en 1578, les Mélanges latins [3], en 1582, les Amours (contenues  dans ses Nouvelles Œuvres [4]), en 1583, l’Uranologie [5], ou encore, en 1585, le Phoenix [6].  Cependant, ces réticences anciennes à l’endroit de cette œuvre ont perduré et, naturellement,  assez peu de travaux ont été menés jusqu’aujourd’hui. Sans avoir la prétention de faire de ce  poète, au talent inégal, autre chose que ce qu’il a pu être, cette journée d’étude se donne pour  objectif d’interroger l’œuvre, atypique, de Du Monin au prisme de sa potentielle  « interculturalité ». 

En cette fin de XVIe siècle, Du Monin est en effet à la fois un humaniste qui, pétri de références  savantes, a prêté allégeance à l’Antiquité gréco- latine, un citoyen rattaché à un territoire qui n’est  politiquement pas de France [7], tout en pratiquant la langue de ce même pays à travers une  grande partie de ses œuvres —œuvres qui, par leurs sources et leurs modalités d'écriture,  corroboreraient la dimension provinciale mais aussi « interculturelle » de leur auteur. 


Programme : 

Première session (10h-12h) : « Entre poésie néo-latine et poésie vulgaire, le sujet amoureux  comme carrefour culturel » 

10h-10h30 : Virginie Leroux (Pr, EPHE, PSL) : La « mythologie philosophique et iatriphysique » :  Vénus, Vulcain et Cupidon dans les Erotica de Jean-Édouard Du Monin 

10h30-11h : Gautier Amiel (ATER, docteur Sorbonne Université) : "Tissant fil contre fil” :  la Palinoderotie de Jean-Édouard du Monin et la construction d’un contre-discours amoureux 

11h-11h30 : Pauline Fabiani (ATER, doctorante Paris 10) : "Songeant au songe saint de ce divin  Pétrarque" : Jean-Édouard Du Monin et l’autorité poétique du Canzoniere 

11h30-12h : débats 

Seconde session (14h-16h) : « Le poète à l’œuvre, l’œuvre du philosophe : poétique de recueil  et usages de la langue » 

14h-14h30 : Anne-Pascale Pouey Mounou (Pr, Sorbonne Université) : Epistémologie et  épithétisme : l'inscription de la science chez Jean-Édouard Du Monin

14h30-15h : Anne Lemerre-Louërat (doctorante Sorbonne Université) : Le lexique météorologique  de l’Uranologie de Jean-Édouard Du Monin 

15h-15h30 : Vincent Adams Aumérégie (doctorant Sorbonne Université) : ''Je feroy sortir la maison  par les fenêtres’’. La (dé)construction de l’œuvre chez Jean-Édouard Du Monin 

15h30-16h : débats – conclusion de la journée 


La journée se déroulera à l'Université Paris Nanterre - Bâtiment Max Weber, salle séminaire  1 


[1] Agrippa D’Aubigné, Les Aventures du Baron de Faeneste, Quatrième Partie, Chap. XIV  « Les Triomphes », Au Dezert. Imprimé aux despens de l'autheur, In-8, BNF, p. 285. [2] Cf. Jean Lecointe, « Le ‘langage de la my-nuict’ : la poétique de Du Monin au regard  de L’Académie de l’art poëtique (1610) de Pierre de Deimier, » Albineana, Cahiers d'Aubigné, 22,  2010. « Une volée de poètes » : D’Aubigné et la génération poétique des années 1570-1610. p.  269-292. 

[3] Miscellaneorum poeticorum adversaria, J. Richer (Paris), In-8, BNF 

[4] J. Parant (Paris), In-12, BNF 

[5] L'uranologie, ou Le ciel : contenant, outre l'ordinaire doctrine de la sphaere, plusieurs beaus  discours dignes de tout gentil esprit, G. Julien (Paris), in-12, BNF 

[6] G. Bichon (Paris), in-12, BNF. S’y trouve également, entre autres, sa tragédie, L’orbecc Oronte

[7] Le Comté de Bourgogne (Franche-Comté de Bourgogne) est, jusqu’au traité de Nimègue,  lié politiquement à l’Espagne, cf. Jean Paul Barbier-Müller, Dictionnaire des poètes français de la  seconde moitié du XVIe siècle (1549-1615), Tome II (C-D), Genève, Droz, « Travaux d’Humanisme  et Renaissance », 2015


 
 
 

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